22/06/1940

L’armistice

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La France est coupée en deux.

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Carte

La France divisée

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L’armée française, qui était considérée, avant le 10 mai, comme la première du monde, est détruite. Pourtant elle s’est mieux battue qu’on ne l’a dit. 100.000 soldats français sont morts, plus que dans la même période de la grande guerre, pourtant si meurtrière. Un million huit cent cinquante mille soldats sont faits prisonniers, avec 36.000 officiers et 176 généraux.
Le 16 juin 1940, le conseil des ministres, à Bordeaux, met Reynaud en difficulté, et il démissionne. Pour lui succéder, le président de la république désigne alors Philippe Pétain comme chef du gouvernement. Pétain, le vainqueur de Verdun, annonce qu’il demande l’armistice. La radio allemande traduit ce discours de la défaite de la France. Pendant ce temps, le général de Gaulle est arrivé à Londres. Le 18 juin, il s’élève contre l’armistice.
Le 22 juin 1940, Hitler, entre-temps félicité par Staline, arrive à Compiègne, près de Paris. Il a ordonné une mise en scène implacable pour humilier les vaincus. Il a choisi le wagon dans lequel fut signé l’armistice du 11 novembre 1918 qui consacrait la défaite de l’Allemagne. La revanche est totale. La délégation française est conduite par le général Huntziger. Un interprète lit d’abord une diatribe accusant la France d’avoir déclaré la guerre sans raisons. Les Français prennent connaissance des clauses de l’armistice.
Le butin de la campagne de France est immense : 2.000 chars. 5.000 canons. 300.000 fusils. 4 millions de munitions. L’Alsace et la Lorraine sont de nouveau allemandes comme le Führer l’avait promis, dans Mein Kampf. Le butin de la campagne de France est immense : 2.000 chars. 5.000 canons. 300.000 fusils. 4 millions de munitions.
Mais le butin, c’est surtout la France elle-même, ses usines, ses ports, ses richesses. Les français ont déclaré la guerre : ils paieront chaque jour une indemnité équivalente à cent millions d’Euros. Hitler, pour économiser ses troupes, préfère laisser une partie de la souveraineté à un gouvernement français à sa botte, avec une armée réduite, sans armement lourd, juste pour maintenir l’ordre.
La France est donc coupée en deux. Une zone occupée au nord et le long de la façade maritime, pour disposer des ports. La Méditerranée est contrôlée par l’Italie qui a une bande d’occupation le long des Alpes. Le reste est une zone dite libre, avec une nouvelle capitale, Vichy. Cette ville thermale a été choisie parce qu’elle dispose de nombreux hôtels où s’installent dès le début juillet, le Maréchal Pétain, et les ministères, dans une atmosphère pathétique.

D’après "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C

Lettre de François Garbit

L’armistice de juin 1940 surprend le capitaine Garbit en Afrique où il remplit ses fonctions d'officier. Il n’hésite pas et choisit d’être parmi les Résistants de la première heure en rejoignant les Forces Françaises Libres qui se constituent dans le refus de la capitulation. François Garbit meurt à Damas en décembre 1941, d’une fièvre typhoïde. Il sera distingué par le Général de Gaulle pour être l’un des rares Compagnons de la Libération ! Au soir de l'armistice, il écrit à sa mère.


"Ponte-Noire, Dimanche 30 juin 1940.

Ma chère maman,
C’en est fait. L’armistice est signé. Notre désarroi est extrême. A l’annonce des pourparlers d’armistice il y a eu d’abord un sursaut. Nous avons espéré au moins que cet armistice comme celui de la Hollande, par exemple, ne concernait que la Métropole. L’Empire, la marine, l’aviation y échapperaient, la lutte continuerait sur un autre sol aux côtés de nos alliés. Il a fallu déchanter. L’armistice livrait la flotte et s’étendrait à l’Empire. Alors nous avons espéré que l’Empire en entier se dresserait, se rebellerait, refuserait d’obéir à un gouvernement qui livrait des forces intactes et donnait à l’ennemi ses derniers atouts, en échange de quoi ? De promesses peut-être. Quelle promesse d’Hitler vaudra jamais une flotte en sûreté et un million d’hommes en armes ?
L’unanimité ne s’est pas faite. Plusieurs nous ont parlé en sens contraire. D’autres se sont tus. Les troupes qui attendaient de leurs chefs un mot d’ordre en sont réduits à des bruits vagues d’origine douteuse.
Et ceux qui voudraient se battre rongent leur frein, cependant que grandit le nombre de ceux qui acceptent le fait accompli et rêvent de nouveau à leur petit confort d’antan comme s’il pouvait revenir. Seule la voix du général de Gaulle rend un son clair, net, loyal, convaincant.
Mais ici, loin de tout, privés de renseignements, comment saurons-nous quelle est la voie ?
Que le Saint-Esprit nous éclaire !
Je vous embrasse."


Voir la biographie de François Garbit sur www.memoire-net.org

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