15/06/1944

La bataille de Saipan

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La force de l’Amérique est telle, que, quelques jours seulement après le Débarquement en Europe, les Etats-Unis sont capables de rassembler, à l’autre bout du monde, dans le Pacifique, une deuxième flotte aussi importante que celle de Normandie, pour attaquer les îles Mariannes, bastions japonais.
Après la prise de l’île de Tarawa, l’année précédente, l’île de Saipan doit devenir la base de départ des bombardiers américains à destination du Japon. 135 000 Marines se préparent pour le combat. Quinze porte avions et 800 avions vont détruire l’aviation japonaise dans une bataille aérienne qui sera appelée « le tir aux pigeons des Mariannes ». Quand les Marines débarquent sur cette île de dix kilomètres de large, commence l’une des batailles les plus sanglantes de la guerre. C’est aussi l’agonie de la marine impériale, suivi du matraquage des défenses de Saipan. Mais quand les Marines débarquent sur cette île de dix kilomètres de large, commence l’une des batailles les plus sanglantes de la guerre. 20.000 américains et 30.000 japonais sont tués ou blessés. Le commandant japonais de l’île, le général Saïto, avait dit à ses soldats : « Il n’y a plus qu’une seule issue : la mort. Nous allons montrer aux diables américains ce qu’est notre courage. » Le régime militaire japonais, en exaltant le code d’honneur du Bushido, sacrifie son peuple. 300 civils japonais se suicident.

D’après "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C

Témoignage : lieutenant Charles Dembey Wills
Le lieutenant americain Charles Dembey Wills, abattu quatre fois, et quatre fois repêché pendant la campagne du Pacifique, se souvient des combats aériens et des conditions très difficiles pour les pilotes, au bord de l’épuisement : "On essayait toujours de descendre d'abord le chef d'escadrille, c'est-à-dire l'avion numéro 1, parce qu'on savait que c'était le pilote qui menait et orchestrait tout le mouvement. Et quand on y arrivait, il y avait à ce moment là un désarroi assez complet [chez les pilotes japonais]. Ils étaient très courageux, ils pilotaient bien, mais ils manquaient alors de formation et d'expérience, alors que nous accumulions l'expérience, parce que, dans le fond, nos pertes n'avaient pas été trop sévères. [...] Mais [leurs avions, les Zéro] n'étaient pas solides. Il suffisait, par exemple si nous avions un avion japonais dans le dos, de piquer à la verticale, de commencer en tournant légèrement sur la gauche, puis de croiser brusquement sur la droite. Si le Zéro faisait la même chose, un aileron s'envolait, l'aile s'en allait, et on était tranquille. [...] J'ai vu des pilotes qui, très rapidement, sous la tension naturellement du danger - parce qu'il y avait quand même un danger considérable, il y avait des pertes très lourdes dans certaines opérations - casser, les nerfs cassaient brusquement, et les pilotes ne pouvaient plus piloter. On dormait quatre heures, on volait six heures, on dormait quatre heures, on volait six heures etc., et pour rester éveillé, naturellement on prenait des drogues, comme la sulfate de benzédrine et autres. Et au bout d'un temps le corps était saturé, si on peut dire, de ces drogues, et on était obligé de vous donner des pilules pour dormir pendant deux ou trois jours, pour dormir trente six heures pour pouvoir prendre le dessus et pouvoir recommencer de cercle infernal."

// Dossiers

LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE

La survie de la Grande-Bretagne, désormais seule face à l’Allemagne, se joue dans l’Atlantique.

LE BILAN DE LA GUERRE : 50 MILLIONS DE MORTS

Pour la première fois dans l‘histoire, le nombre de victimes civiles a été de loin supérieur à celui des militaires.

LE PROCES DE NUREMBERG ET DE TOKYO

Témoignages poignants et débats se succèdent, les massacres perpétrés par les nazis éclatent au grand jour.

// Protagonistes

Bernard Montgomery

Le général Montgomery remporte la victoire d’El Alamein en 1943 et prend la tête des troupes britanniques en 1944 en Normandie

Friedrich Paulus

Commandant allemand pendant la bataille de Stalingrad qui se termina en janvier 1943 par la reddition de ses troupes

Tchang Kaï-chek

Président de la république chinoise, Tchang Kaï-chek doit faire face au début de la guerre la menace des Japonais