28/06/1919

Le Traité de Versailles : les germes d’une future guerre

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Lloyd George, Premier ministre britannique, Vittorio Orlando, président du Conseil italien, Georges Clemenceau, son homologue français et Woodrow Wilson, le président des États-Unis à Versailles.

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Signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château, le traité de Versailles met un point final à la Première Guerre mondiale.
La France, le Royaume Uni, l’Italie et les Etats-Unis sont les quatre grandes puissances siégeant à la conférence. Unis dans la guerre, les Alliés ont des avis divergents quant au règlement du conflit. Si Wilson, le Président américain, souhaite ménager l’Allemagne pour éviter que naisse un sentiment de revanche, la France, à l’inverse, exige de la faire payer lourdement.
L’Allemagne, qui comme la Russie, n’est pas invitée à participer aux négociations de paix, considère immédiatement le traité de Versailles comme un Diktat.

L’Allemagne est saignée par d’énormes remboursements qui lui sont imposés au titre des dommages de guerre.Contrainte de reconnaître sa seule et entière responsabilité dans le déclenchement de la guerre, il lui est désormais interdit de fabriquer du matériel militaire ; la Rhur, riche en mines de charbon, est exploitée au profit des Alliés et surtout, l’Allemagne est saignée par d’énorme remboursements (ou « réparations ») qui lui sont imposés au titre des dommages de guerre.
Dès sa signature, le traité est remis en cause, non seulement par la France qui aurait souhaité affaiblir davantage l’Allemagne, mais aussi par l’Italie et les Etats-Unis, ces derniers refusant même de le ratifier.

Extrait de l’Atlas de la seconde guerre mondiale - Mémorial de Caen - Editions Casterman

Un député français s'adresse au Parlement
"Sur la frontière méridionale de l'Allemagne, se constitue ou se reconstitue un État tchécoslovaque, première maille de la ceinture de force que la conférence [de la paix] a eu l'idée (...) de passer au Reich allemand. Malheureusement pour sa solidité, la ceinture est percée et rompue vers sa boucle par le fatal quadrilatère de Glatz où (...) l'Allemagne peut mobiliser à l'aise, et d'où elle peut s'élancer à son gré, en plusieurs directions, qui toutes la mènent droit au cœur de l'Europe centrale. Une faute ou une négligence, dont il faut craindre que l'avenir ne connaisse le poids, a été commise là (...).

La Pologne ressuscitée (...) est comme un corps privé de ses deux poumons (...). Il n'y a et il n'y aura de Pologne que si elle a un accès libre, sûr et commode à la mer. Or, elle ne touche la Baltique, en territoire polonais, que sur un lambeau de côte où il est impossible de construire un bon port. De là, la solution de Dantzig, ville de caractère allemand, érigée en ville libre afin de donner ou de prêter à la Pologne un port libre. Et de là, un chemin polonais du Sud au Nord. Mais comme ce qui restera de la Prusse orientale se trouverait séparé de l'Allemagne, et comme il faut que la province communique pourtant avec l'État, de là un chemin allemand de l'Est à l'Ouest, et les deux routes s'entrecroisent sur le territoire libre de Dantzig, dont la tutrice et la garante, la Société des Nations, fera bien dès maintenant d'organiser sérieusement la police. (...)

Telle est l'Europe du traité de Versailles. Si nous regardons de haut, à l'est de sa ligne médiane, nous ne voyons plus qu'un grand Etat actuel, le Reich allemand. Dans les vastes contrées de l'Europe centrale et orientale où, avant la guerre, il y en avait deux autres, l'Autriche-Hongrie et la Russie, l'Allemagne se redressera vite et bientôt se dressera seule comme grand Etat actuel.

A la place de la moitié autrichienne de la monarchie austro-hongroise, une Autriche allemande, hésitante entre le Reich allemand et une confédération danubienne, mais subissant d'autant plus fortement l'attraction du Reich qu'il subsiste et se concentre, tandis que la confédération danubienne n'existe pas et que les éléments s'en dispersent et tourbillonnent sans s'accrocher. A la place de la moitié hongroise, des comitats magyars [hongrois] ou magyarisés qui s'écartèlent entre la Tchécoslovaquie ou la Pologne, l'Autriche allemande, la Yougoslavie ou la Roumanie. Dans l'Europe centrale, un gouffre creusé par la dissolution de l'Autriche-Hongrie, mais dans l'Europe orientale, un abîme béant par la décomposition de la Russie. Se refera-t-il ou ne se refera-t-il pas une grande Russie, et de quelle grandeur ? (...) Comment seront réglées les questions de Finlande, d'Estonie, de Lituanie, d'Ukraine, etc. ?"

Discours : intervention parlementaire du 27 août 1919 par Charles BENOIST, député de la Seine.

// Dossiers

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